L'examen oral
Découvrez comment adapter l’examen oral au contexte d’évaluation de votre cours.
L’examen oral en bref
Lors d'un examen oral, la personne étudiante répond de vive voix, en temps réel, à des questions posées par la personne évaluatrice. Un examen oral peut prendre la forme d’une entrevue, d’une discussion ou d’un échange avec un panel. Cette méthode se distingue de la présentation orale, où la personne étudiante expose à un groupe le contenu qu’elle a préparé: ici, c'est la personne évaluatrice qui mène l’échange. Cet échange évolue au fil de la discussion avec la personne étudiante. La personne évaluatrice peut notamment poser des questions de relance pour sonder la maitrise d’un contenu au-delà de la mémorisation ou clarifier le raisonnement d’une réponse. Cette possible adaptation en temps réel distingue l'examen oral de l'examen écrit.
L’examen oral se prête surtout à des rencontres individuelles ou en petits groupes lors de travaux d’équipe.
Quelques considérations avant de se lancer:
- Vérifiez d’abord que le choix de l'examen oral s'aligne en toute cohérence avec les cibles d’apprentissage à évaluer.
- Cette méthode exige une préparation et une organisation particulière. N'hésitez pas à faire appel au service pédagogique de votre faculté pour vous accompagner.
- L'échange en temps réel peut générer un stress de performance, en particulier pour les personnes étudiantes peu familières avec ce format. Un encadrement en amont contribue à en réduire son impact.
- Les mesures d'accommodement à l'oral sont différentes et nécessite des recommandations au cas par cas.
Avant d’aller plus loin
Cette méthode vous semble pertinente pour l’un de vos cours? Assurez-vous d'abord qu'elle correspond bien aux cibles et au contexte du cours en consultant le processus en 5 étapes pour concevoir des activités d'évaluation.
Des pistes pour favoriser l'intégrité intellectuelle lors des évaluations sont également à votre disposition. L’examen oral est une option intéressante pour compléter une autre évaluation jugée vulnérable en présence des systèmes d’intelligence artificielle, selon l’approche d'évaluations jumelles ou à double voie.
Avant la conception de l’examen
L’alignement pédagogique
Pour qu'un examen oral mesure réellement ce qu'il doit mesurer, chaque question et ses possibles relances doivent s’arrimer à une cible d'apprentissage, et non seulement au contenu disciplinaire. Pour favoriser l’alignement pédagogique, identifiez quel niveau cognitif implique la cible d’apprentissage (Anderson, Krathwohl et collab. 2001). La complexité de la question doit correspondre à celle de la cible d'apprentissage, comme ces exemples l’illustrent pour la photosynthèse:
- Connaître: nommez les réactifs et les produits de la photosynthèse.
- Comprendre: expliquez pourquoi la photosynthèse ralentit en l'absence de lumière.
- Appliquer: expliquez le processus utilisé pour calculer la quantité d'oxygène produite à partir de la quantité de dioxyde de carbone.
- Analyser: expliquez votre démarche d’analyse et ses constats pour déterminer quelles plantes ont bénéficié d'un taux de photosynthèse plus élevé.
- Évaluer: à la lumière des résultats obtenus, déterminez laquelle de deux stratégies de culture favoriserait le mieux la photosynthèse et justifiez votre jugement à partir des données disponibles.
À noter
L'examen oral permet d'observer autrement, par l’échange verbal, la maitrise des contenus disciplinaires. De plus, si les cibles du cours ou du programme l’exigent et qu’elles ont fait l’objet d’un enseignement, vous pouvez également évaluer d’autres aptitudes, comme des compétences communicationnelles, interactionnelles ou réflexives.
Établir une pondération aux questions
Pour assurer la validité de l’examen, attribuez aux questions associées à une cible d’apprentissage une pondération qui reflète son importance dans le cours. Le temps qui est consacré en classe à une cible et la complexité des tâches demandées aux personnes étudiantes constituent des repères utiles pour établir cette répartition.
Concevoir un examen oral
Rédiger les questions
Un examen oral repose sur un enchaînement de questions et de relances. Portez une attention particulière à leur formulation pour observer les apprentissages réalisés. Que doit démonter l’examen oral? Que veut-on observer?
| Type de question | Fonction | Exemples |
|---|---|---|
| Question fermée ou à réponse courte | Vérifier un fait, une définition ou une procédure précise | Quelle est la fonction de la chlorophylle dans la photosynthèse? |
| Question ouverte | Développer son raisonnement ou une justification | Comment expliqueriez-vous une baisse du taux de photosynthèse dans ce contexte? |
| Question de relance | Approfondir, clarifier ou vérifier la solidité d'une réponse | Qu'arriverait-il si la lumière disponible doublait? |
Bonne pratique
Élaborez la grille de correction en parallèle avec les questions d’examen afin de favoriser l’alignement entre les cibles d’apprentissage, les questions et les critères d’évaluation. Pour assurer une correction efficace et cohérente, privilégiez une grille critériée centrée sur les apprentissages visés en vous demandant «quels apprentissages souhaitez-vous réellement vérifier?»
Identifier les conditions de passation
La conception d'un examen oral suppose de circonscrire ses conditions de passation:
- un temps alloué par personne, par exemple 10 minutes.
- la ou les cibles couvertes en profondeur. Le temps limité de l'échange restreint le nombre de cibles.
- le nombre limité de questions en fonction du temps alloué pour y répondre, afin de garantir aux personnes étudiantes un temps suffisant pour développer leurs idées.
- le mode de sélection équitable de la question dans la banque de questions équivalentes: une pige aléatoire, un ordre prédéterminé et non dévoilé aux personnes étudiantes, au choix de la personne étudiante parmi plusieurs, etc.
- la logistique: le lieu ou la plateforme de passation, l’horaire et la réservation des plages horaires (présence, à distance, studio).
- l'enregistrement ou non de l’échange. L’enregistrement permet de faire l’évaluation a posteriori ou pour documenter une possible révision de note.
- l’accueil et le ton du cadre d'échange bienveillant propice au dialogue, aux interactions conviviales ou typiques du milieu professionnel.
- la possibilité ou non pour la personne étudiante de reformuler la question, de demander des précisions sur la réponse attendue, de bonifier une réponse déjà donnée.
- la gestion des tours de parole, dans le cas d'une évaluation en équipe.
- les accommodements requis par le Centre d’aide à la communauté étudiante.
- toute mesure favorisant la prise en compte de la diversité étudiante : accorder quelques minutes de réflexion ou permettre de noter ses idées par écrit avant de répondre, transmettre à l’avance les questions susceptibles d’être posées, permettre de passer une question et d’y revenir plus tard, prévoir une première question brise-glace non contributoire, autoriser le recours à une autre langue en soutien, etc.).
Validité et fiabilité des questions de l’examen oral
Les rencontres des examens oraux se déroulent généralement les unes après les autres. Ainsi, prévoyez une banque de questions équivalentes par cible d’apprentissage et diverses questions de relance plutôt qu'une question unique à laquelle toutes les personnes étudiantes répondent. Cette mesure équitable limite le risque que les personnes étudiantes se transmettent les questions entre elles.
Un système d'intelligence artificielle (SIA) peut accélérer la production d’une banque de questions ou de mises en situation pour un examen oral, mais il ne remplace pas votre jugement pédagogique. Vérifier que chaque question générée mesure bien la cible d’apprentissage visée et que son niveau de complexité correspond au contenu enseigné reste une étape incontournable avant toute utilisation.
La liste de vérification suivante permet de valider la qualité de chaque question avant la passation de l'examen, qu'elle ait été rédigée par vous ou générée avec l'aide d'un SIA.
Est-ce de bonnes questions?
La question correspond-elle à la cible d'apprentissage? À son niveau de complexité? Permet-elle de mesurer cette connaissance ou cette habileté et rien d'autre?
Le contenu et les éléments proposés correspondent-ils à ceux vus en cours?
Chaque question identifie-t-elle clairement l'action demandée à la personne étudiante, avec un verbe d'action précis? Par exemple : nomme, raconte, compare, explique, justifie, etc.
La question porte-t-elle sur un élément important du cours, plutôt que sur un contenu secondaire?
La terminologie est-elle la même que celle utilisée en classe?
La question est-elle exempte de biais, de préjugés, d'erreurs ou d’ambiguïté ? Est-elle exempte de tout stéréotype culturel, ethnique, religieux, géographique ou linguistique?
Les attentes envers la réponse sont-elles claires (contenu à aborder, durée attendue, niveau de détail ou de complétude)?
Accompagner les personnes étudiantes pour un examen oral
Les personnes étudiantes perçoivent généralement les examens oraux comme plus utiles que les examens écrits puisqu’ils les amènent à approfondir davantage leur compréhension des contenus. En contrepartie, l'examen oral est souvent perçu comme anxiogène en raison de l'interaction en temps réel, du contrôle limité sur l'environnement et le temps disponible, et parfois l’impossibilité de revenir sur une question ou une réponse.
Pour aider les personnes étudiantes à démontrer leurs apprentissages et à aborder l’examen oral avec plus de confiance, voici quelques stratégies permettant de réduire le stress qui y est associé:
- Communiquer à l'avance des consignes claires:
- la ou les cibles d'apprentissage évaluées par l'examen oral
- le ou les thèmes ou sujets abordés (contenu disciplinaire)
- le format et le déroulement de l'échange : nombre de questions, durée, présence ou distance, tour de parole, etc.
- le cadre et les contraintes : ton, ressources permises, enregistrement
- Proposer un forum avant l'examen pour centraliser les questions portant sur la tenue de l'examen et la préparation nécessaire.
- Vérifier la compréhension des consignes avant la tenue de l'examen oral.
- S'assurer que les personnes étudiantes sont familières avec la plateforme utilisée, si l'examen se déroule à distance.
- Partager la grille de correction aux personnes étudiantes avant l'examen les aide à bien comprendre les attentes et à orienter leur préparation.
- Partager à l’avance aux personnes étudiantes un gabarit qu’elles peuvent consulter pour les aider à organiser leur réponse (par exemple, pour noter les mots-clés de la question et ceux de la réponse, prévoir une amorce à la réponse, présenter la structure de développement exigée, s’il y a lieu, ou présenter le type de conclusion attendue)
- Prévoir une ou des évaluations formatives et impliquer les personnes étudiantes avant la tenue de l'examen, par exemple:
- présenter une simulation ou une vidéo en exemple
- offrir une rétroaction sur une réponse orale en contexte formatif
- proposer un quiz portant sur le contenu disciplinaire ou donner en exercice des questions types
- prévoir des groupes de discussion
- proposer aux personnes étudiantes de s’autoévaluer avec la grille de correction lors de pratiques qu’elles enregistrent
- demander aux étudiantes et aux étudiants de se préparer un résumé dans un format que vous déterminerez (feuille de notes, carte conceptuelle, etc.). Demandez-leur ce document en complément lors de leur examen.
- fournir la banque de questions à l’avance ou des questions semblables, sans les questions de relance
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Université TÉLUQ (2025). Les défis de conception d’une évaluation orale. Microformations.
Dernière mise à jour: 2026-11-02